Travail posté et de nuit : identifier et prévenir les dangers

Conséquences médicales, sociales et économiques du travail posté et des quarts de nuit
Les fonctions corporelles sont soumises à un changement périodique quotidien, le rythme dit endogène. C’est ce qui explique la volonté de performer le jour en phase ergotropique et la volonté de récupérer la nuit. Le rythme endogène est déterminé par des facteurs externes tels que les fluctuations de température, les contacts sociaux, la conscience du moment de la journée, les repas et l’incidence de la lumière.

Outre la désynchronisation biologique décrite ci-dessus, le rythme corporel adapté au rythme de travail modifié et aux conséquences du stress physique qui en résulte, telles que des performances réduites, une désynchronisation sociale a également lieu. L’évolution temporelle du mode de vie du travailleur entraîne une participation plus difficile à la vie sociale, aux activités sportives ou aux possibilités de formation professionnelle continue, ainsi qu’une vie familiale plus difficile. Cette situation peut entraîner des troubles psychosociaux qui, à leur tour, ont un impact négatif sur la vie privée et professionnelle.

Les facteurs physiologiques modifiés susmentionnés dans le travail par roulement et le travail de nuit entraînent des exigences générales en matière de santé et donc un risque plus élevé de certaines maladies.

Les effets économiques négatifs du travail posté et du travail de nuit sur les entreprises concernées sont principalement la productivité décimée et le risque accru d’accident résultant de ces formes de travail. Selon diverses études, entre minuit et 6 heures du matin, le rendement des employés est faible. Le travail de nuit se caractérise donc par un risque accru d’accidents en raison d’un manque de motivation, de performance et d’attention ; les quarts de nuit d’une durée supérieure à huit heures sont particulièrement vulnérables.

Conception du travail par quarts – Recommandations d’action et possibilités de précautions en matière de santé au travail
Afin d’éviter les effets indésirables du travail par roulement et du travail de nuit sur votre entreprise et vos employés et de les éviter, des mesures telles que la limitation des heures de travail par roulement dans une période définie, la compensation du temps pour un stress accru des employés et la conception ergonomique du travail par des évaluations régulières des risques sont recommandées en médecine du travail pour la conception du travail en roulement. En outre, il est recommandé de prendre régulièrement des précautions et de donner des conseils nutritionnels pour la prévention de la santé individuelle, d’établir un plan de travail ergonomique et d’introduire des quarts de nuit, qui ne devraient pas être effectués plus de quatre fois de suite.

Dans le cadre des mesures de protection de la santé au travail, les travailleurs de nuit ont droit, en vertu de l’article 6, paragraphe 3, de la loi ArbZG, à un examen de santé au travail à intervalles réguliers d’au moins trois ans dans un premier temps et d’un an après avoir atteint l’âge de 50 ans. La prévention comportementale en matière de santé au travail pour les employés comprend des conseils sur la nutrition, le sommeil, le sport, la consommation d’alcool et de cigarettes ainsi que la gestion du stress individuel. Du côté de l’employeur, la prévention des relations comprend un lieu de travail ergonomique et un plan de quarts de travail ainsi qu’une cantine nutritive. En notre qualité de médecin du travail, nous vous conseillons volontiers à cet égard.

Cadre juridique
La loi sur le temps de travail (Arbeitszeitgesetz, ArbZG), la loi sur la protection de la maternité (Mutterschutzgesetz, MuSchG), la loi sur la protection de l’emploi des jeunes (Jugendarbeitsschutzgesetz, JArbSchG), la loi sur la fermeture des magasins, la réglementation sociale du trafic routier et la directive 2003/88/CE constituent des dispositions juridiques importantes pour les références et autres informations à obtenir.

Pertinence pour votre entreprise
Selon l’obligation de diligence de l’employeur, qui résulte d’une obligation secondaire de la relation de travail (§§617-619 BGB, §HGB, §3 ArbSchG), l’employeur doit veiller à ce que les travailleurs ne subissent aucun dommage pour leur santé du fait de leur travail. En outre, il est tenu de fournir à ses employés des soins de santé au travail appropriés sur la base de l’évaluation des risques (cf. § 3 alinéa 1 ArbMedVVV).

L’employé a également un droit individuel aux soins de santé au travail et à un transfert vers le quart de jour, à condition que cela soit possible au travail et qu’il soit certifié médicalement. Il a également le droit d’accéder à une formation continue, à une compensation du temps de travail sous la forme d’un complément de rémunération ou d’un nombre approprié de jours de repos et à une durée maximale journalière de travail de huit heures en moyenne, qui ne peut être dépassée chaque mois.